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PRISON DE BEAU-BASSIN: Kids are Kids, une crèche pour les enfants des détenues

Les 5 enfants des 5 mères incarcérées seront entourés des enfants des officiers et du voisinage

ARTICLE PARU DANS LE MAURICIEN | 25 MAI, 2012 - 14:30

 


 

Suren Dayal et Monique Ohsan-Bellepeau en compagnie du Commissaire des Prisons, Jean Bruneau, devant la crèche Kids are Kids

 

 

 

 

La présidente de la République par intérim, Monique Ohsan-Bellepeau, était l’invitée d’honneur de l’ouverture hier de la crèche Kids are Kids à la prison des femmes, à Beau-Bassin. Un projet concrétisé grâce à la collaboration de l’État, par le biais du ministère de l’Intégration sociale, la National Empowerment Foundation et le secteur privé, via la compagnie Building and Civil Engineering, ainsi que les ONG, dont Terre de Paix et la fondation Joseph Lagesse. Cette crèche, comme l’a fait ressortir Suren Dayal, « est un événement historique ! Cela témoigne surtout de la volonté de l’État d’encourager tous les membres de la population, indépendamment de leurs origines et conditions. »

La prison des femmes abrite pour l’heure cinq détenues : deux Mauriciennes, une Ougandaise et deux Malgaches, dont leurs enfants, en bas âge, vivent avec elles. Ce sont les cinq enfants de ces cinq détenues qui ont été les premiers accueillis ce mercredi 23.

Prendre un enfant dès la petite enfance « c’est la meilleure façon d’assurer à nos jeunes un développement et un épanouissement sain afin d’en faire des adultes responsables », a souligné le ministre de l’Intégration sociale. Faisant l’historique du projet, Suren Dayal a rappelé que « la BCE (NdlR : Building and Civil Engineering) de Lloyd Coombes a totalement rénové et réaménagé le bâtiment qui abrite la crèche Kids are Kids ; Terre de Paix s’occupera d’encadrer les enfants au quotidien ; GML Fondation Joseph Lagesse s’acquittera du financement et du fonctionnement quotidien tandis que la NEF (NdlR : National Empowerment Foundation) a, grâce à un personnel dirigé de main de maître par Kadress Pillay, réalisé tout le travail de procédure pour la réalisation du projet avec le concours du personnel de la prison. Voilà un partenariat qui a bien fonctionné ! » Alain Muneean, de Terre de Paix, a lui aussi fait ressortir « l’importance d’un partenariat solide. Car sinon, nous allons reculer ! »

Monique Ohsan-Bellepeau, très émue, a déclaré : « J’aimerais saluer trois personnes qui ont été aux petits soins dans la réalisation de ce projet : il y a Sylvia Rajiah, qui l’a rédigé et conçu ; Jean Bruneau, le Commissaire des prisons, qui a donné son soutien total, et Ida Coombes, qui s’est battue bec et ongles pour que cette crèche voit le jour. » La présidente de la République par intérim a souligné que « depuis que j’étais députée de la région Beau-Bassin/Petite-Rivière, j’ai appris à découvrir la réalité de cette région, surtout à la prison et, à côté, l’hôpital Brown Sequard ». Et c’est pour cette raison, a insisté Mme Bellepeau, qu’il est important de faire comprendre que « si la mère a fauté, pourquoi accuse-t-on l’enfant ? Parce qu’il grandit en prison avec la mère ? Quelle est sa faute ? » Sentiment auquel le Commissaire des Prisons, Jean Bruneau, a fait écho : «Aucun enfant ne mérite d’être taxé pour une faute qu’il n’a pas commise. D’où notre initiative avec cette crèche en prison.»

S’adressant aux cinq mères, Monique Ohsan-Bellepeau leur a conseillé de « prendre courage. La prison n’est pas une fatalité. Votre vie ne s’arrête pas là ». Abondant dans le même sens, Monique Ohsan-Bellepeau et Suren Dayal ont tous deux encouragé les mères : « Envisagez votre avenir et celui de votre enfant de manière plus responsable. Vous en avez maintenant l’occasion. » En effet, ces cinq mères peuvent désormais se consacrer à des tâches nouvelles, dont se former à un métier, qui pourront les aider à être économiquement indépendantes. Jusqu’à l’ouverture de Kids are Kids, elles se retrouvaient avec leurs enfants en permanence sur les bras.

Toujours dans un souci de « donner les mêmes chances égales à tous », comme l’a fait ressortir Suren Dayal, dans un deuxième temps, Kids are Kids est appelée à accueillir les enfants des officiers de la prison ainsi que ceux des familles du voisinage qui souhaitent y inscrire leurs enfants. « Nous voulons que les enfants des détenues aient les mêmes chances de grandir que tous les autres petits Mauriciens », a souligné le ministre de l’Intégration sociale.